DOUZIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE DE L’ANNEE A

TEXTES: Jr 20, 10-13 /  Ps: 68(69) / Rm 5, 12-15 / Mt 10, 26-33.
PRÉDICATEUR: P. Roméo YEMSO, SVD
THEME: Ne craignez plus ces gens là.
Bien aimés dans le Christ Jésus, en ce 12ème dimanche du Temps Ordinaire, le Seigneur par la voix et l’expertise de Son église nous appelle à être missionnaires, disciples de la Bonne Nouvelle de Salut à temps, à contre temps et entre temps.
Il nous exhorte par certaines expressions récurrentes dans les textes liturgiques de ce jour: chantez le Seigneur, loué-le, il a délivré le malheureux de la main des méchants (Jr 20, 13); Vie et joie à vous qui cherchez Dieu(Ps 68); Ne craignez pas les hommes; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu; Soyez donc sans crainte (Mt 10, 26).

Ceci rythme bien avec la vie du prophète Jérémie et de Jésus lui-même qui nous a fait don de sa vie, comme le Pain rompu, l’Eucharistie à laquelle nous le découvrons .
Mais, comment confesser ou professer Ce Jésus dans notre vie d’aujourd’hui, aux carrefours de méfiances religieuses, de recherche de pouvoirs, de recherche de matérialisme, de la croissance d’autres courants de pensées, de doctrines, et de l’avancée de la technologie et de l’informatique?Comment allons-nous proclamer l’Évangile dans ce monde souffrant de crises identitaire, sociale, économique, structurale et culturelle?
Tels sont les problèmes et les défis d’un vrai disciple du Christ. Ceci confirme qu’être un disciple de Jésus n’est pas une chose aisée. Beaucoup d’entre nous attendent des paroles caressantes, des paroles qui consolident leurs positions sociale, économique, politique voire religieuse.
Cependant, ils sont sous le choc des paroles prononcées par le prophète Jérémie sous forme de confessions. Certes, Jérémie en payera le prix mais sa foi en cette parole est plus forte que les menaces de ses détracteurs. Il va même prédire que ceux-ci connaîtront l’échec cuisant. Il prévoit leur sort surtout ceux qui refusent le messager de la Bonne Nouvelle. Car il compte sur la fidélité et la puissance de son Seigneur. Par ailleurs, dans l’évangile de Mt (Mt 10, 26-33), nous vivons une promesse exhortative pour les messagers de la Bonne Nouvelle et pour la vie des premières communautés chrétiennes secouées par des persécutions de toutes sortes.
Apparemment, on est tenté de dire que l’époque de Matthieu n’est pas  loin de la nôtre ou bien il y a une similitude avec notre temps d’aujourd’hui sous les couleurs de COVID-19: La peur, la panique, l’appétit de matérialisme qui peuvent saisir les disciples de Jésus dans cette pandémie avec ses lourdes conséquences néfastes; qui peuvent jeter quelque part les peaux de bananes sur leurs sentiers ou avoir quelques cailloux dans leurs chaussures missionnaires. Jésus à travers l’évangéliste Mt nous parle avec fermeté: le nouveau péché mortel du missionnaire serait de garder secrète la Bonne Nouvelle du Royaume qui naturellement doit être portée à la connaissance de tous les hommes et toutes les femmes.
C’est pourquoi, il exhorte ses apôtres de sortir de leurs communautés closes et classiques pour aller proclamer au grand jour les merveilles de Dieu. La vérité de l’évangile ne doit pas être panachée ou être marchandée aux caprices des bourreaux de ce monde. C’est ainsi que nos communautés chrétiennes seront jugées sur cette attitude. Pour elles, la honte ne serait ni l’échec de la prédication ni la persécution, c’est plus la fuite devant le risque de l’Evangile.
Bien aimés dans le Christ Jésus,  nous sommes donc prévenus, efforçons-nous de suivre celui que nous aimons tant et qu’il a donné sa vie comme Don total pour nous , Jésus le Nouvel Adam par qui la mort n’a aucune emprise sur nous et par qui Dieu a répandu sa grâce et sa justice en abondance sur la multitude des hommes et des femmes dans la mouvance de son Esprit. Que notre oui soit un oui confiné et confirmé dans le fiat de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de nous tous.
Une petite histoire pour peaufiner notre méditation de ce jour. C’est l’histoire de deux voyageurs. Les frères Pierre et Thomas devaient rendre visite à leur oncle qui vivait dans un village situé à quelques kilomètres de la capitale en ce temps-là. Au cours de leur voyage, ils devraient traverser un village fortement musulman.  Très accablés par le soleil, les deux frères mouraient de faim et de soif intenses. À l’entrée de cette localité, ils décidèrent de se concerter pour être bien accueillis et acceptés par les habitants du village.
C’est alors que Pierre décida de changer son nom uniquement pour la circonstance. Il se dit par ce nom, il pourrait avoir des privilèges. Il s’appela Ibrahim. Mais son frère Thomas refusa catégoriquement de se faire changer le nom. A leur arrivée, les habitants les accueillèrent avec joie et  leur demandèrent de se présenter. C’était vers midi. Pierre prenant la parole en 1er se présenta avec le nom Ibrahim.
Ensuite son frère Thomas se présenta comme Thomas. Les habitants dirent : Ibrahim c’est notre frère. Le chef de la famille dit à ses femmes de s’occuper de Thomas pendant qu’eux et le frère Ibrahim se rendirent à la mosquée pour la prière car c’était le temps de Ramadan où tout musulman digne de ce nom devait observer le carême, le jeûne.
Alors, le frère Thomas avait bu et mangé à sa satièté, le frère Ibrahim n’avait aucun choix que d’observer le jeûne bien qu’il n’était pas musulman en réalité. Ne nous arrive-t-il pas souvent de nous comporter comme le frère Pierre? De nier de porter le nom du Christ? Ou de refuser de faire le signe de la Croix en public?
Que devant la Lumière du Verbe et l’Esprit de Grâce se dissipent les ténèbres du péché et la Nuit de l’incroyance. Et que l’Amour de Jésus habite dans nos coeurs. Amen!

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