TEXTES : Jb 38, 1. 8-11 / Ps 106(107), 21a. 22a. 25-257 / 2 Co 5, 14-17 / Mc 4, 35-41
PREDICATEUR : P. Marcellin YAWO, SVD
THEME : Jésus est dans la barque
En un moment bien déterminé de la vie, chacun de nous a commencé innocemment et joyeusement une activité, un projet, une entreprise, etc.. lorsque d’un seul coup la barque de notre vie se heurte à une tempête, tout semble se retourner contre nous, les problèmes ont surgi, le cours de notre vie est menacé. En ce dimanche, nous allons nous joindre à Jésus et ses disciples dans leur voyage. C’est un voyage que nous pouvons comparer à notre pèlerinage terrestre, un voyage qui a commencé avec une simple instruction, ou un simple désir ou encore un simple projet : « passons sur l’autre rive » (Mc 4, 35). Mais la barque du voyage se heurte à une situation très complexe : la tempête.
En effet, l’évangile de ce dimanche nous présente Jésus qui après avoir parlé à la foule toute la journée se met en barque avec ses disciples pour aller à l’autre rive. Ce voyage de Jésus et ses disciples comporte différentes étapes qui rappellent notre chemin de foi que l’Eglise interpelle dans la liturgie de ce jour.
Premièrement il y a l’appel : « passons sur l’autre rive » (Mc 4, 35). Il y aura toujours un moment dans notre vie ou nous devons faire de mouvement, nous devons nous déplacer, pour notre progrès matériel comme spirituel. L’important c’est que Jésus n’a pas dit : « passez sur l’autre rive » ; il a dit : « passons sur l’autre rive ». Il est parti avec ses disciples. Nous pensons souvent que lorsque Dieu est avec nous, tout ira bien. Cependant, nous constatons que Jésus était avec ses disciples et la tempête est arrivée, il était là et les problèmes sont venus. Dieu était-il avec nous lorsque la pandémie du covid 19 est arrivée ? oui il était là. Peut-il avoir de la tempête quand Jésus est avec nous ? oui, c’est ce que nous montre notre évangile.
Deuxièmement il y a eu la tempête : une interférence imprévue, un évènement désagréable et effrayant qui menace la vie. La tempête peut être des critiques contre notre personne, nous pouvons être incompris, ou ignoré, des problèmes financiers, de mariage, de foyer, de famille, de maladie, la covid 19 et ses conséquences sur la vie économique et sociale. La tempête viendra pour tester notre foi en Jésus. Ainsi si tu crois que Dieu est avec toi, alors il y aura la tempête dans ta vie. Si tu crois que Dieu ouvre une porte pour toi, pour ton bonheur, alors il y aura la tempête.
Troisièmement le silence : c’est lorsque nous sommes dans la tempête, nous savons bien que Dieu est avec nous mais nous ne le sentons pas, nous ne l’écoutons pas, cependant il est là. Mais pourquoi ne réagit-il pas ? C’est une autre manière de nous parler ; Dieu parle fort parfois dans le silence. Ne doutons pas de sa présence dans ce silence. Son silence nous rapproche de lui et nous dispose à l’appeler avec plus d’insistance.
Quatrièmement la Panique : « maitre, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien » (Mc 4, 38) ? Parfois la panique nous fait poser des questions : Dieu existe-t-il ? va-t-il nous sauver ? Allons-nous périr dans ce mal qui nous ronge ? Mais ne doutons pas de sa présence. Qu’il agisse ou non, il est Dieu. Qu’il parle ou non, il reste Dieu. Au même moment que certains se plaignent, d’autres se réjouissent de ses bienfaits. Alors ne cédons pas à la panique. Curieusement, Jésus n’a pas répondu à la question des disciples à son réveil. Mais immédiatement il a menacé le vent et a dit à la mer « silence tais-toi ». Il a agi quand on lui a demandé. Il était là quand tout se passait mais il a agi quand on lui a demandé. Dieu est le maitre de toute la création et il détient le pouvoir sur toute chose comme nous le lisons dans la première lecture : « qui donc a retenu la mer avec des portes… » (Job 38, 8-11). Lorsque nous nous retrouvons dans la tempête, crions vers lui. Il attend notre démarche de foi. C’est ici que notre foi se trouve éprouvée et c’est le lieu de rendre témoignage de notre foi et de montrer comment notre vie ne reste pas centrée sur nous-même et nos forces mais sur celui qui est mort pour tous (2Co 5, 16).
Enfin Jésus s’adresse à ses disciples : « Pourquoi êtes-vous si craintif ». Nous ne devons même pas attendre la fin de la tempête avant de répondre à Jésus que nous n’avons pas à craindre parce que dès le début, Jésus a dit allons de l’autre bord il a déjà déterminé la fin du voyage. Il n’a pas dit allons au milieu de la mer.
Bien-aimé(e) dans le Seigneur, si tu as peur dans la situation que tu es actuellement, en ce milieu d’année, retourne au Dieu en qui tu as cru quand tout allait bien, retourne au Dieu en qui tu as cru au début de l’année ; ce Dieu qui t’a dit que tu vas passer l’année en toute beauté. « Pourquoi avez-vous manqué de foi » ? Ce fut la question de Jésus à ses disciples. Dans la foi nous savons que le Dieu qui a parlé au début de notre voyage est toujours là. Quand tout était calme il était là et il a dit allons de l’autre bord. Crois qu’il est là lorsque la tempête arrive. Tu vas passer tout le voyage et arriver à l’autre bord.
Nous ne devons pas avoir peur, mais nous devons croire. Jésus ne nous a pas conduit jusqu’ici pour nous décevoir, pour nous abandonner, pour que nous soyons objet de moquerie, mais pour faire de nous des victorieux. Bien-aimé(e) dans le Seigneur, quand la tempête s’élève, n’oublies pas que Jésus a dit « allons de l’autre bord ».