
TEXTES: Ex 34, 4b-6.8-9; Ct : Dn 3, 52-56; II Cor 13, 11-13 et Jn 3, 16-18
PRÉDICATEUR : P. Roméo YEMSO, SVD
THEME: Le Mystère Ineffable de la Sainte Trinité, Un Réseau de Relations.
«Au nom du Père, Et du Fils Et du Saint Esprit. Amen!» Ou bien «Gloire soit rendue au Père Et au Fils Et au Saint Esprit; Comme il était au Commencement, Maintenant et Toujours dans les siècles des siècles. Amen!»
Bien aimés dans le Christ Jésus, en cette solennité de la Sainte Trinité, l’Église notre Mère nous appelle à faire une petite pause sur le mystère de la Trinité, un mystère d’Amour, de relations de personne-à-persone qui beaucoup dèsfois déborde ou dépasse nos concepts intellectuels voire humains. Cet appel se veut comme pour bannir les querelles de mots qui ne servent à rien, sinon à perturber ceux/celles qui les écoutent. Les textes de cette solennité sont tellement denses et ont de grandes portées sur notre foi, notre façon de concevoir le monde et d’y vivre comme enfants de Dieu, de Lumière. Savoir que notre Dieu n’est pas solitaire mais un Dieu Amour(I Jn 4, 16) et cet Amour a pris un visage scandaleux pour certains et fou pour d’autres: À un certain vendredi saint à l’entrée de la ville de Jérusalem Jésus, Fils de Dieu sur la Croix. C’est là que s’y trouve la clé de l’intimité de pénétrer, de connaître, d’aimer et de demeurer dans le mystère de la Trinité, de la relation des Trois Personnes Divines en Un Seul Dieu Miséricordieux et Pardon.
En effet, la Sainte Trinité nous rappelle tous/toutes que le monothéisme chrétien se distingue des autres formes de monothéisme. Tout en continuant à confesser sans équivoque le Dieu Unique , la foi chrétienne a pris en compte sa manifestation concrète en Jésus Christ notre Sauveur. L’Eglise dans son expérience a découvert que le Dieu dans notre Crédo (Symbole des Apôtres ou plutard Celui de Nicée-Constantinople) n’est pas monolithique, mais un réseau de relations. Et non seulement il est en relation avec le monde qu’il a créé, conviction commune aux trois grands monothéismes (nous voulons dire Judaïsme, Christianisme et Islamisme), mais il est en lui-même un réseau d’amour. Les apôtres et les proches de Jésus ont bien découvert qu’il était intimement lié au Père qu’il appelait avec tendresse et douceur « Abba ». Aussi le lien réciproque ou l’application bijective entre le Père et le Fils est tellement forte qu’elle est elle-même une Personne, le Saint Esprit. Alors la fête de la Trinité est une bonne nouvelle à nous les croyants/croyantes, les chercheurs jour et nuit de Dieu, car à travers ce réseau d’amour, de relations, nous pouvons y entrer: L’Esprit Saint fait de nous des fils adoptifs par le grand mystère de sacrements d’initiations. Nous le sommes grâce à la formule baptismale:Au nom du Père, Et Fils Et Saint Esprit. Nous pouvons ainsi transmettre cette salutation à nos proches et à nos fils: «Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint Esprit soient avec vous.»(II Cor 13, 13). Par cette profession de foi, nous sommes déjà jugé par nous-mêmes, par nos actes, nos paroles. C’est pourquoi l’évangile de cette solennité nous dit:«Celui qui croit en Lui échappe au Jugement; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’as pas cru au nom de Fils Unique de Dieu» (Jn 3, 18).
Puissions-nous continuer notre pèlerinage en la Trinité en mastiquant et en savourant peu à peu la pensée de la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité?
«Ô mon Dieu, Trinité que j’adore, aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l’éternité. Que ne rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de vous, o mon Immuable, mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère. Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos.[…]
Ô, mes Trois , mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me perds, je me livre à vous comme une proie. Ensevelissementvous en moi pour que je m’ensevelisse en vous, en attendant d’aller contempler votre lumière l’abîme de vos grandeurs»(21 novembre 1904).
Que devant la Lumière du Verbe et l’Esprit de Grâce se dissipent les ténèbres du péché et la Nuit de l’incroyance. Et que l’Amour de Jésus habite dans nos coeurs. Amen!