TREIZIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE DE L’ANNÉE A

TEXTES:  2 R 4, 8.11.14.16a / Ps 88(89), 2-3. 16-19 / Rm 6, 3-4.8-11 / Mt 10, 37-42.
PRÉDICATEUR: P. Roméo YEMSO, SVD
THEME: L’accueil, l’hospitalité comme signes et exigences de l’Amour de Dieu.
Bien aimés dans le Christ Jésus, ce treizième dimanche du Temps Ordinaire, la parole de Dieu dans son ensemble nous révèle les exigences de l’Amour incommensurable de Dieu dans l’Esprit Saint par Son Unique Fils Jésus Christ. Ces exigences se mesurent à notre capacité d’accueillir, de portement de notre croix chaque jour, d’offrir l’hospitalité à Dieu, ses messagers ou à tout étranger chez nous. Mais vigilance et prudence dans l’accueil et l’hospitalité d’aujourd’hui, mes frères, mes soeurs! Ne loupez pas le discernement à ce propos, sinon vos expériences vous enseignent sagement. Le monde est aujourd’hui ce qu’il ne devrait pas être.

Cet accueil et cette hospitalité se découvrent dans la première lecture tirée de II R 4, 8.11.14.16a.  Oui, la femme riche sans enfant montre son affection sur le prophète Elisée, celle-ci devient l’accueil et l’hospitalité même si la psychologie quelque part pourrait parler du transfert de la tendresse maternelle sur le messager.
La femme par ses qualités de tendresse maternelle découvre le Dieu vrai et sa vie est rétablie. Elle devient de plus en plus aimée, et aimante de Dieu. Ainsi, par votre permission, elle devient la deuxième maman d’Elisée. Aussi permettez-nous de dire ici que par l’hospitalité et l’accueil, cette femme est devenue une créature nouvelle surtout avec la présence de Dieu dans sa vie. C’est comme elle venait de recevoir le baptême et était remplie de l’effusion de l’Esprit Saint comme nous le décrit l’apôtre Saint Paul dans sa lettre aux Romains(Rm 6, 3-4.8-11).
Ainsi, nous qui sommes vraiment baptisés dans le Christ Jésus, le Fils unique de Dieu nous sommes appelés à un renouveau charismatique dans nos églises, nos communautés chrétiennes aujourd’hui pour instaurer l’image première de l’humanité, une humanité nouvelle dont le type est Jésus Christ, le Nouvel Adam dans son paradis, son jardin, son Église dans sa double dimension visible et invisible. Notre vie alors est de mener le combat qu’a mené le Christ: combattre le péché et ses séductions dans toute la vie de l’humanité. Qu’elle ne soit plus dominée par le péché ni par la mort mais et surtout par la Grâce et la vie de Jésus Ressuscité que nous murmurons dans notre petite foi par la Victoire de Sa  Sainte Croix.
C’est pourquoi, il est évident que l’évangile de ce dimanche sous forme d’une conclusion au grand discours de Jésus à ses disciples, ses apôtres, nous invite au portement de la Croix et notre croix pour suivre et aimer le Christ. Voilà, notre relation interne et intime avec Jésus notre Sauveur, est une aventure cruciale qui implique une révision totale de tout qui nous est proche et plus personnel, de tout ce qui nous est de l’extérieur et de l’intérieur, comme les anthropologues le diront: le «résidu» et «l’englobant» de nous(les nôtres, le sens de notre vie). La croix de Jésus est comme la Clé qui ouvre la Crise et la folie de l’essentiel de notre essence et existence. En effet, dans cette conclusion on retrouve le thème de la «Jalousie de Dieu»(Ex 20, 5). On n’est tenté de dire que Jésus ne supporte aucun partage dans l’amour, dans notre relation intime avec lui.
Nous disons bien, on n’est tenté… C’est une pure apparence car la péricope (Mt 10, 37-42) nous semble inhumaine (ne plus aimer papa et maman et enfants). Cependant, nous devons la lire et l’entendre comme la reprise évangélique de la foi du patriarche Abraham lors du Sacrifice de son fils Isaac. D’ailleurs, que nous dit le décalogue et surtout en son 4ème commandement? Loin de là, Jésus nous dit aujourd’hui que si nous l’avons en nous, en toute chose de notre vie, tout viendra de soi pour nous et en nous d’aimer sans conditions nos parents et notre prochain. Car, il est difficile et voire rare de penser et de passer de l’immanence à la transcendance tout comme de penser et se passer de l’humain à Dieu. Le risque est que nous pouvons nous arrêter seulement dans l’humain, et  ainsi que notre charité, c’est-à-dire que notre charité serait intoxiquée, suffocante par la cruauté, la méchanceté, l’animosité et les caprices des êtres humains pour atteindre Dieu.
Mais, le contraire est certain car l’homme qui se fait posséder par Dieu est capable d’aller loin. Ce n’est pour rien que dans l’analyse du décalogue ( Dt 6: Shema Israël) sous la forme de deux tablettes commence par l’adoration, le respect et la sanctification de Dieu Créateur (les trois premiers commandements) et les sept autres pour la vie humaine, la vie des hommes. Même quand Jésus a redonné les deux commandements nouveaux à ses apôtres, il a toujours commencé par celui de Dieu en suite celui pour les humains. Aussi dans la prière universelle de Notre Père(Mt 6, 9-15) qu’il a enseigné à ses apôtres ou disciples, les trois premières demandes sont directement liées au Nom, au Règne et à la Volonté de Dieu et le reste vient comme le reflet ou l’écho de l’Amour et de la Miséricorde de Dieu sur et pour les hommes, l’humanité. Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peinenous dit Jésus (Mt 6, 33-34).
Bien aimés dans le Christ Jésus, efforçons-nous chaque jour de nous ne laisser séduire, posséder  par le Christ dans l’Amour et l’Esprit de Son Père et notre Père qui est aux Cieux. C’est l’arbre qui porte de fruits et non le contraire(cf. Mt 7, 15-20). Amen!
Que devant la Lumière du Verbe et l’Esprit de Grâce se dissipent les ténèbres du péché et la Nuit de l’incroyance. Et que l’Amour de Jésus habite dans nos coeurs. Amen!

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