TREIZIEME SEMAINE DU TEMPS ORDINAIRE DE L’ANNEE B

TEXTES : Sg 1, 13-15 ; 2, 23-24 / Ps 29(30), 2. 4-6. 12-13 / 2 Co 8, 7. 9. 13-15 / Mc 5, 21-43

PREDICATEUR : P. Marcellin YAWO, SVD

THEME : La vie en abondance, c’est en Jésus

 

Dans notre monde enclin aux souffrances de tous ordres, certaines liées aux nombreuses maladies qui rongent l’humanité de nos jours, les naturopathes c’est-à-dire ceux qui préfèrent la médecine naturelle pensent que nous pouvons avoir la vie en abondance seulement en retournant à la nature ; en consommant tout ce qui est naturel et en se connectant avec la nature. C’est aussi la meilleure manière selon eux de capter les fréquences les plus élevées. Cependant plusieurs de ces naturopathes malgré leur propagande sur la vie en abondance ne sont pas restés éternellement ; leur vie a eu une fin. La vie en abondance nous pouvons l’avoir seulement en Jésus qui sauve et le corps et l’âme. Les textes liturgiques de ce dimanche tout en parlant de la vie et de la mort, nous rappellent que Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité. Puisque Dieu a fait l’homme à l’image de sa propre identité c’est pourquoi nous pouvons avoir l’assurance de la vie en abondance en Dieu.

La première lecture tirée du livre de la sagesse peut être comparée au récit des premiers chapitres de la Genèse.  Au-delà de la question de vie et de mort qu’elle aborde, elle insiste plus sur la relation entre Dieu et l’homme. Dieu a créé toutes les choses et il les a qualifiés de bon. Tout a été créé pour la vie, et l’homme, pour sa part a été créé d’une manière spéciale puisqu’il est fait à l’image de Dieu.  Ceci lui confère son caractère d’incorruptibilité ; l’homme est donc appelé à vivre éternellement. Il est donc évident de se poser des questions sur l’origine de la mort. A cette question, l’auteur du livre de la sagesse répond : « Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants … C’est par jalousie du diable que la mort est entrée dans le monde » (Sg 1, 23. 2, 24). C’est ainsi que la mort est entrée dans l’humanité et a enrôlée toute l’humanité. L’homme dans sa liberté décide parfois de participer à l’œuvre de la mort ; il est donc en mesure de tuer son prochain. Mais Dieu dans son amour n’a pas abandonné l’humanité à son propre sort. Il a envoyé son Fils unique pour le sauver de la mort et conduire l’humanité à la vie éternelle.

En effet, l’évangile de ce dimanche nous rapporte deux miracles de Jésus qui nous montrent que Dieu ne veut ni la souffrance ni la mort de l’homme. Jésus a guéri une femme qui avait des pertes de sang depuis 12 ans et a ressuscité la fille de Jaïre le chef de Synagogue ; il a donc le pouvoir sur la souffrance et la mort, il donne vie au corps. Le corps n’est pas selon la bible un appendice négligeable ; l’homme n’a pas un corps, mais il est un corps. Le corps a été directement créé par Dieu, modelé par ses propres « mains », il a été « revêtu » par le Verbe dans l’incarnation et sanctifié par l’Esprit Saint dans le baptême. Il est même le « temple » de l’Esprit Saint c’est pourquoi Jésus n’a pas voulu laisser le corps dans la souffrance et la mort, mais lui donner la vie en abondance. Saint Iréné de Lyon mentionnait les guérisons et résurrections opérées par Jésus comme preuve que le corps est lui aussi capable d’accueillir l’action de l’Esprit de Dieu. C’est ainsi qu’à l’image de la femme malade et de Jaïre, chef de synagogue, nous pouvons prier et demander deux choses à L’Esprit Saint : la force et la guérison ; puisque c’est la force de l‘Esprit Saint qui est sorti de Jésus en touchant la femme malade. Et c’est cette même force qui a réanimée la fille de Jaïre. Le Saint Esprit fait en effet plus de chose pour « frère corps » comme Saint François l’appelle ; il le sauve de sa précarité et prépare sa pleine et définitive rédemption (Cf. Rm 8, 23). Dans la prière du Veni Creator par exemple, nous demandons à l’Esprit Saint de transformer notre corps misérable pour le conformer au corps glorieux du Christ (ph 3, 21) nous lui demandons aussi qu’un jour il donne vie à nos corps mortels (Cf. Rm 8, 11). C’est ce qui est le plus important pour Jésus. Sa mission ne consiste pas en la réanimation des morts, mais de vaincre définitivement la mort et de restaurer l’immortalité et l’incorruptibilité de l’homme. C’est pourquoi après la réanimation de la fille de Jaïre, « Jésus leur ordonna fermement de ne le faire savoir à personne » ( Mc 5, 43). Par ailleurs, presque un tiers de l’Evangile nous montre Jésus qui guérit les malades et ressuscite des morts. Il ne guérit pas pour montrer quoi que ce soit, mais parce qu’il est venu pour « sauver ce qui était perdu » (Lc 19, 10) : il a compassion de la foule, il aime et désir la vie en abondance, la liberté et la joie pour les hommes. Le soin des infirmes est très souvent associé à l’annonce de l’Evangile dans les discours d’envoi en mission : « et il les envoya proclamer le royaume de Dieu et faire des guérisons » (Lc 9,2).

Nombreux sont ceux parmi nous qui ne vivent plus pleinement leur vie parce qu’ils sont sous le poids de la maladie et ils peinent à se relever. Devant la maladie, le chrétien ne peut se contenter d’utiliser seulement la « nature », c’est-à-dire de fonder des hôpitaux et d’inventer d’autres méthodes en sciences de la santé. Le Christ lui a donné un pouvoir tout particulier : « Jésus leur donna pouvoir sur les esprits impurs, de façon à les expulser et à guérir toute maladie et toute langueur. » (Mt 10, 1). Il ne doit pas commettre le péché par omission, en oubliant de recourir à ce pouvoir qui redonnerait espoir à ceux pour qui la science ne nourrit plus aucun espoir. Saint Paul nous invite dans la deuxième lecture de ce dimanche à partager les bien que nous avons reçu de la part de Dieu avec les autres. Et loin d’être matériel, ces dons sont spirituels. Ainsi pouvons-nous utiliser les différents charismes que nous exerçons pour le bien de tous, afin de soulager la souffrance des uns et des autres et de faire jouir de la vie abondante que le Christ nous donne.

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