TRENTE-DEUXIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE DE L’ANNEE A

TEXTES: Sg 6, 12-16; Ps 62 (63) 2, 3-4, 5-6, 7-8; 1 Th 4, 13-18; Mt 25, 1-13

PREDICATEUR : P. Roméo YEMSO, SVD

THEME: Et si Jésus venait aujourd’hui à toi, mon frère, ma soeur? Quel est l’état de ta lampe?

Bien aimés dans le Christ Jésus, en ce trente-deuxième dimanche , les textes liturgiques dans leur ensemble nous parlent de la Sagesse, la recherche de la Sagesse dans notre vie surtout quand nous avons déjà décidé ou choisi de suivre le Christ qui est l’Époux, « le Chemin, la Vérité et la Vie.» (Jn 14, 16). Ces textes nous disent «choisir» est une chose mais chercher des moyens adéquats pour rester fidèles à notre choix est une autre.

Le choix ou le désir de suivre le Christ ne suffit pas mais il faut engager des moyens idoines pour demeurer accroché à notre désir et choix lorsque nous nous retrouvons dans une sorte de routine, de familiarité, d’habitudes. La Sagesse nous apprend à attendre, être patient, persévérant et à vivre dans la vigilance afin de ne pas louper l’arrivée de l’Époux au mariage, du Christ à la fin des temps qui commence ici et maintenant. Et si Jésus revenait aujourd’hui, tout à l’heure, et à cet instant? Qu’allons-nous faire pour entrer à la salle de noces? Avons-nous aussi l’huile en réserve? Sommes-nous prêts/prêtes à la rencontre de l’Époux? Ou bien serions-nous en retard comme nous continuons de le faire dans nos mariages de chaque jour, où l’entrée des mariés, nous arrivons peut-être au niveau de l’homélie, peut-être pendant l’offertoire ou carrément pendant la jouissance populaire, nous voulons dire après la messe?

Bien aimés dans le Christ Jésus, la première lecture tirée de la Sagesse (Sg 6,12-16), nous fait penser à l’utilité de la science, de la technologie et l’informatique qui transforment nos conditions de vie depuis la révolution industrielle jusqu’à nos jours. La science pour l’homme ou l’homme pour la science? Mais, aujourd’hui dans notre contexte actuel nous pensons aussi à leurs limites en souhaitant de tout coeur d’avoir un art de vivre , d’avoir besoin d’une autre chose qu’est: la Sagesse comme le psalmiste le chante : «Donne-moi la Sagesse assise près de toi, sur ton siège» (Sg 9, 4). Ainsi, nous voyons que c’est inutile de parcourir les océans, le monde, de gagner l’univers si nous venons d’en perdre notre âme.. la Sagesse se donne à qui la cherche, elle se tient près de nous, «assise à notre porte». C’est plutôt elle qui nous cherche et prévient nos efforts: Tu ne me chercherais pas, si Je ne t’avais pas déjà trouvé.(Cf. Sg 6, 12-16)

Bien aimés dans le Christ Jésus, comme clé de lecture de ce texte tiré de (Mt 25,1-13), nous voulons vous rappeler ceci: Matthieu a écrit son évangile à des moments critiques pour les disciples de Jésus: La venue du Christ était retardée car beaucoup croyaient que la venue ou retour du Christ ne devait pas tarder, elle devait être imminente, la parousie. Ainsi, à force d’attendre, la foi de quelques-uns était relâchée. Il fallait raviver la première conversion en rappelant une parabole de Jésus.

 En effet, l’histoire nous raconte une fête de mariage. Fou de joie, un groupe de jeunes filles (10) sortent pour attendre le mari. Toutes ne sont pas bien préparées. Certaines emportent de l’huile avec elles pour allumer leur torche; les autres n’y ont même pas pensé. Elles croient qu’il suffit de porter des torches entre leurs mains comme nous aujourd’hui qui croyons qu’il suffit de recevoir les sacrements et tout est joué ou gagné d’avance. Nous ne devons pas oublier le combat spirituel des chrétiens surtout qu’on nous précise que l’Époux tarde à venir et il fait tard: ici, prenons conscience de nos nuits, de nos déserts, de relâchement dans notre vocation de  chrétien(ne). Pensons aux réserves d’huile, aux prières quotidiennes, à vivre dans la fraternité, dans la solidarité des uns aux autres afin de maintenir nos lampes allumées. Ce sont là des efforts personnels que chaque chrétien est appelé à se donner comme sacrifice, comme une bougie au pied du Tabernacle. L’huile c’est l’amour que personne ne peut nous arracher et que nous ne pouvons pas négocier avec les insouciants, les imprudents. C’est l’amour que Dieu a mis en chacun/chacune de nous et qui allume nos lampes pour éclairer toute personne. Par ailleurs, pouvons-nous penser aussi aux trois catégories d’huile bénites à la messe Chrismale pour les sacrements? Tout cela, sans entrer dans une théologie dogmatique, l’importance de l’huile dans notre vie nous permet de lutter contre Satan, d’être oint pour le Christ, et d’avoir la force pour continuer notre combat dans les peines comme dans les joies, contre l’empire des ténèbres. Bref, il faut que nos lampes continuent de briller plus fort dans ce temps de COVID-19.

Plus, le mari met beaucoup de temps à arriver, plus, «elles s’endorment toutes profondément». Les problèmes commencent lorsque l’arrivée du mari est annoncée. Les jeunes femmes prévoyantes allument leur torche et entrent au banquet avec lui. Les inconscientes ou les insouciantes sont obligées de sortir et de l’acheter. Au moment où elles reviennent, «la porte est fermée». C’est trop tard. On pourrait dire la salle de noces ou le Royaume de Dieu n’est pas fait pour les  fidèles insouciants/insouciantes, remplis d’inquiétudes, d’orgueil et d’imprudence dans la suite Christ, la lumière du monde. Je suis la Lumière du monde et vous êtes la lumière du monde. (Cf. Jn 8, 12-20)

Est-ce là, une allégorie de parler de ferveur spirituelle, de vie intérieure, de bonnes œuvres, d’amour…? La parabole est simplement un appel à vivre l’adhésion au Christ de manière responsable et lucide dès maintenant, avant qu’il ne soit trop tard. Chacun/chacune de nous saura de quoi s’occuper.

Sûrement qu’il est irresponsable et irrespectueux de se dire chrétien/chrétienne et de vivre sa propre religion sans faire plus d’efforts pour lui ressembler.  Peut-être c’est aussi une erreur de vivre avec complaisance dans notre propre Église sans envisager une véritable conversion aux valeurs évangéliques? Il est typique de l’inconscient/l’insouciant de se sentir disciples de Jésus sans «entrer» dans le projet de Dieu qu’il voulait démarrer.

Enfin, dans nos contextes critiques et de COVID-19, avec la fermeture de nos lieux de prières, de nos Églises comme édifices,  il nous est si facile de se détendre, de tomber dans le scepticisme et d’aller tirer sur les chemins sûrs de toujours, il n’ y a qu’une manière d’être dans l’Église: c’est de nous convertir chaque jour et chaque instant à Jésus-Christ, Celui qui a la certitude fondamentale de la vie après la mort, Celui qui est la Résurrection et la Vie, Celui qui viendra le dernier jour nous chercher (les vivants et les morts) pour partager sa vie du Ressuscité.

Que devant la Lumière du Verbe et l’Esprit de Grâce se dissipent les ténèbres du péché et la Nuit de l’incroyance. Et que l’Amour de Jésus habite dans nos coeurs. Amen!

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