TEXTES: Is 61, 1-2a.10-11 / Cant. Lc 1, 46b-48, 49-50, 53-54 / 1 Th5, 16-24 / Jn 1, 6-8.19-28
PRÉDICATEUR: P. Roméo YEMSO, SVD
THÈME: Jean le Baptiste, Un annonciateur d’un nouveau monde
Bien aimés dans le Christ Jésus, en ce troisième dimanche de notre préparation pour accueillir l’Enfant-Jésus, les textes liturgiques comme message de Joie, continuent de nous montrer comme exemple à suivre et vivre la personne et l’humilité de Jean le Baptiste que nous pouvons en ce dimanche nommé «Annonciateur d’un nouveau monde dans nos vies ordinaires». Ouvrons nos coeurs à cette sensibilité de l’âme et de sainteté pour nous engager à un renouvellement de nos attachements religieux dans la naissance de Celui qui doit venir nous sauver. Répandons la joie autour de nous dans les contextes de COVID-19 et cherchons à répondre à la véritable question : Qui êtes-vous? Ou bien, que dites-vous sur vous-même?
Bien aimés dans le Christ Jésus, la première lecture tirée du prophète Isaïe (Is 61, 1-2a.10-11) est un texte aussi utilisé lors de la messe chrismale du Jeudi Saint. Il nous fait prendre conscience de notre état, de notre être de chrétien dans le Christ Jésus. Il nous aide à répondre à la question qui êtes-vous. En effet, un prêtre se sait de Jésus quand à sa suite, il déride les visages, dissipe les remords, relance les projets et nourrit les enthousiasmes. Tous les fidèles du Christ sont de part leur baptême, des prêtres du Seigneur. Ils ont tous reçu l’onction sacrée qui fait d’eux des prophètes de la Bonne Nouvelle, les témoins fidèles de l’Alliance indéfectible entre Dieu Trine et les hommes dans ce monde. Ainsi, nous devons prendre conscience que dans nos mains nous avons les germes de la paix, de la justice, de la joie, de l’espérance, du bonheur. C’est au sein de notre ministère, des nations que nous devons redécouvrir notre dignité et chercher à la redonner à tous les hommes/toutes les femmes qui sont nés/nées à l’image et à la ressemblance de Dieu. Nous sommes la race bénie de Dieu au-delà des souffrances, des peines et des travaux que nous subissons peut-être quelquefois injustement. Cherchons à donner la joie, partager la joie et à expliquer qu’est-ce que la joie dans/ au monde? (Cf. Paul RICOEUR, philosophe chrétien).Voilà notre mission dans le contexte actuel de nos vies.
Bien aimés dans le Christ Jésus, l’évangile de ce jour nous permet d’approfondir la «connaissance de soi» dans la vérité et l’humilité de Jean Baptiste surtout en répondant à la question : Qui êtes-vous? Ou bien, que dites-vous sur vous-même ? Chacun/chacune devrait y répondre voire même la société, l’église à ce courageux et provocateur témoignage de Jean Baptiste dans sa vie.
Notre tâche principale en tant qu’êtres humains est de découvrir ce vrai «moi» et de vivre du point de vue de sa réalité inébranlable. Travailler sur soi-même, sur nous-même, se découvrir, alors notre joie sera complète et notre bonheur sera absolu et durable. Être heureux, ou malheureux, ne dépend pas des circonstances qui nous entourent, mais de la manière dont chacun/chacune de nous répond à ces influences extérieures et intérieures.
Pouvons-nous revivre le contexte de cet évangile proclamé (Jn 1, 6-8.19-28.)? Tout semble indiquer que (Jn 1, 6) était le début de son évangile. Beaucoup de livres de l’A.T commencent comme ceci: « Un homme envoyé par Dieu s’est levé, dont le nom était … » Sans doute, on remarque ici que les 10 autres versets sont la suite de Son Prologue, et ils racontent une mission des Juifs ou envoyée de la part des pharisiens, scribes, et des anciens. Cela suppose que le lecteur/ la lectrice sait ce que faisait Jean Baptiste dans le désert de Judée. Cela commence par l’interrogatoire auquel les envoyés le soumettent. Ils étaient responsables de l’ordre, il n’y a donc rien d’étrange à ce qu’ils s’inquiètent de ce qu’ils font. Cependant, contemplons la véritable découverte de Jean Baptiste.
La question est simple: Qui êtes-vous? Il y avait plusieurs figures messianiques. Le principal était le Messie, mais aussi celui d’un prophète eschatologique (comme Moïse). Celui d’Elíe qui devait revenir. Jean Baptiste a attiré de nombreuses personnes à écouter sa prédication et à participer à son baptême. Peut-être que la question voulait dire: A laquelle des figures messianiques vous identifiez-vous? La réponse est autant simple: sans aucun; Je ne suis ni le Messie, ni Élie, ni le Prophète. Ils ne sont pas satisfaits et exigent que vous définissiez votre rôle. La réponse est aussi claire : «Je ne suis qu’une voix qui crie dans le désert, frayez-vous un chemin pour le Seigneur». C’est le cri de chaque prophète. C’est ce que Jésus nous dit de manière active et passive. Ce que nous devons garder à l’esprit aujourd’hui, c’est que le Seigneur ne doit pas venir de l’extérieur mais plutôt le laisser émerger de l’intérieur. Avec cette mise en garde, cette suggestion reste la clé de toute religiosité. Comment l’obtenir? Enlever de nous tout ce qui empêche cette manifestation du divin en nous, l’égoïsme et l’individualisme, l’indifférence.
Par ailleurs, Jean Baptiste ne se fatigue pas de répondre à d’autres questions pour clarifier sa mission: Alors pourquoi baptisez-vous? Il ne s’identifie à aucun des personnages prévisibles, mais il se sent envoyé par Dieu. La question porte en elle une accusation. C’est un usurpateur. L’acte de baptiser était associé à l’une des trois figures précédentes. Ils considèrent leur baptême comme un mouvement contre les institutions. C’était en fait un symbole de libération des autorités. «Moi, je baptise avec de l’eau». La justification de son baptême est humble. C’est un simple baptême d’eau. Celui qui doit venir baptisera dans l’Esprit Saint. Cette distinction entre deux baptêmes, l’eau et l’Esprit est typiquement chrétienne, elle est évoquée pour rendre, encore une fois, très nette la différence entre la proposition de Jean Baptiste et celle du chrétien. C’est par cette clarification Jean Baptiste attire l’attention de ses interlocuteurs et annonce Celui qui doit revenir au milieu de nous: «Parmi vous, il y en a un que vous ne connaissez pas». Jean Baptiste parle d’une présence voilée qui n’est pas facile à découvrir. C’est le souvenir de ce qu’il leur a coûté de rencontrer Jésus. Cette difficulté demeure jusqu’à nos jours. Même ceux/celles d’entre nous qui répétons comme récitation que Jésus est le Fils de Dieu, peut-être nous n’avons aucune idée de qui est Dieu et qui est Jésus. Nous ne l’avons pas comme référence et cela ne veut rien dire dans nos vies. Dans le meilleur des cas, la seule chose qui nous intéresse est la doctrine, la morale et les rites officiels pour parvenir à la sécurité extérieure. Puissions-nous aussi, à la suite du Christ être des vrais annonciateurs de la Joie, de la Paix, de l’Espérance et du Bonheur à nos frères et sœurs qui en ont besoin dans ce monde de crises? Tel est le message de ce troisième dimanche de l’Avent. Prenons appui sur la figure de Jean Baptiste, un possédé du Royaume des Cieux.
Que devant la Lumière du Verbe et l’Esprit de Grâce se dissipent les ténèbres du péché et la Nuit de l’incroyance. Et que l’Amour de Jésus habite dans nos cœurs. Amen!